Biographie

Jean Côté photographie cours enseignement amphithéatre

Jean Côté

Jean Côté, professeur en psychologie du sport, est directeur de la « School of Kinesiology and Health Studies » à la Queen’s University à Kingston au Canada. Il est par ailleurs membre honoraireà l’Université de Queensland en Australie dans l’entraînement (coaching) sportif.

Spécialisé dans le développement des talents et dans l’accomplissement de l’excellence, il s’intéresse aux facteurs psychosociaux qui affectent les performances sportives. En utilisant des variables aussi diverses que variées, il identifie les comportements entre les athlètes et leur environnement (famille, entraîneurs, camarades) afin  d’identifier les conditions amenant à la pratique et à l’excellence dans le sport.

Publications majeures

En 1999, il publie « The Influence of the family in the development of talent in sport » qui est sa publication la plus importante (avec plus de 1000 citations) où il détaille -comme l’indique le titre- l’influence que tiens la famille dans le développement des talents en sport. En outre, il y présente et analyse des modèles de dynamiques familiales chez des sportifs élites (3 avironneurs et 1 tennisman).

En 2005, il publie « Youth sport programs: An avenue to foster positive youth development », qui est sa deuxième publication la plus citée (selon Google Scholar, lien en source) où il s’intéressent aux problématiques des adolescents avec leurs comportements déviants. Ainsi, il introduit le développement positif de la jeunesse « positive youth development » dans le champs sportif. Cette notion se réfère aux efforts des différents organismes et individus à offrir la possibilité de s’épanouir en améliorant les intérêts et compétences des jeunes.

Sources

  • https://scholar.google.fr/citations?user=k4VrByoAAAAJ&hl=en&oi=sra
  • http://www.hms.uq.edu.au/our-staff/adjunct-and-honorary-staff/jean-c%C3%B4t%C3%A9/
  • https://skhs.queensu.ca/people/faculty/jean-cote-phd/
  • http://www.prevnet.ca/partners/researchers/dr-jean-c-t
  • https://footblogball.wordpress.com/tag/jean-cote/
  • https://twitter.com/jeancote46?lang=en

 

La théorie simplifiée des 10.000 heures proposée par Anderson Ericsson ne prend pas en compte les transferts pouvant s’opérer d’une activité à une autre. En effet, des habiletés peuvent être similaire entre certaines pratiques : les footballeurs de haut niveau atteindront un meilleur niveau si ils commencent le futsal que d’autres sportifs. Cet exemple est évident, mais cette évidence est plus subtile dans d’autres sport, notamment avec le Bobsleigh.

Sean Horton explique dans le chapitre « Environmental influences on early development in sports experts » du livre Talent identification and development » de Joseph Baker qu’en 2002 le Bobsleigh a été réintroduit aux Jeux Olympiques après plus de 54 années d’absence. Ainsi, le nombre de boblseigher professionnels étant faible, de nouveaux sportif ont du être formé rapidement. Les chercheurs ont alors constater que les sportifs s’adaptant le mieux à la discipline était les « surf life-savers » (les maîtres nageurs en surf?) qui demande des abiletés proches du boblseigh.

Biographie

K. Anders Ericsson photo

K. Anders Ericsson

K. Anders Ericsson est un professeur en psychologie suédois enseignant à l’université de Floride.

Il se spécialise très tôt dans le champ de l’expertise et de la performance afin de comprendre comment l’être humain peut s’améliorer dans un domaine.

Il faut toutefois noter qu’Anders Ericsson ne se limite pas à une seule discipline, il étudie la notion d’expertise dans de nombreux domaines : les échecs, le sport, la médecine, la musique.

Il est considéré comme l’un des pères de son domaine grâce aux théories qu’il a développé et a sa publications sur le rôle de la pratique délibérée dans l’acquisition de l’expertise et de la performance

 

Devenir expert : 10000h de pratique délibérée

Dans sa célèbre publication de 1993 : « The Role of Deliberate Practice in the Acquisition of Expert Performance » (K. Anders Ericsson, Ralf Th. Krampe, and Clemens Tesch-Romer), il met en évidence la corrélation positive entre le niveau de pratique et le nombre total d’heures de pratique d’un individu. En outre, il souligne qu’il faut 10.000 heures de pratique délibérée afin d’être un expert.

10.000 heures ne sont pas faciles à se représenter. Considérons qu’un individu souhaite commence une nouvelle discipline tout de suite afin d’être expert dans 10 ans, il devrait donc réaliser 1.000h de pratique chaque année ; en admettant qu’il s’entraîne 6 jours sur 7 toute l’année, il devrait s’entraîner 3 heures et 20 minutes par jour pendant 10 ans.

Toutefois, il faut que cette pratique soit délibérée !

Qu’est-ce que la pratique délibérée ?

Ericsson constata que les 10000 heures de pratiques n’étaient pas le meilleur indicateur pour prédire l’expertise : il faut que ces 10.000 heures soient réalisées sérieusement, avec concentration. Ainsi, il développa la notion de « deliberate practice » (1993) qui demande un effort substentiel, pas forcément agréable et résultant d’une augmentation de la performance.

Ericsson souligne cependant que ce type de pratique ne peut (et ne doit) être pratiqué que de manière limité chaque jour afin d’éviter la fatigue, l’usure et le burn-out.

Sources

http://www.businessinsider.fr/us/anders-ericsson-how-to-become-an-expert-at-anything-2016-6/

http://projects.ict.usc.edu/itw/gel/EricssonDeliberatePracticePR93.pdf

La vision de Galton

Francis Galton est un scientifique britannique du XXème siècle et est notamment connu pour ses travaux en psychologie différentielle et sa position eugéniste. Cette position, qui correspond à l’ensemble des méthodes et pratiques visant à améliorer le patrimoine génétique de l’espèce humaine, va de pair avec ses recherches sur l’origine héréditaire du talent. En effet, dès 1865, il écrit un essai « Hereditary Character and Talent », publié dans Macmillan’s Magazine puis en 1865 publie un ouvrage « Hereditary Genius ».

Pour ses écrits, Galton s’inspire d’une part des travaux de Laplace et Gauss pour la distribution statistique du même nom qui permet de voir comment les données sont normalement distribuées et d’autre part avec l’oeuvre de Charles Darwin « On the Origin of Species » sur le développement des différentes espèces en introduisant la notion de sélection naturelle.

Il démontre par l’analyse de résultats de tests mathématiques (« Mathematical Tripos » à Cambridge) que ceux-ci sont normalement distribués et sous-tend que ceux-ci révèlent les caractéristiques psychologiques. Ainsi les caractéristiques psychologique comme physique suivraient une courbe de Gauss.

Galton dispose d’une pensée relativement innéiste, il écrit dans son ouvrage de 1985 (p49) :

« I feel convinced that no man can achieve a very high reputation without being gifted with very high abilities; and…few who possess these very high abilities can fail in achieving eminence. »

Toutefois, il ne dispose pas de moyen pour mesurer directement les facteurs héréditaire et se concentre alors sur les antécédants familiaux par l’évaluation de la fréquence d’apparition d’individus éminents -nous noterons ici la subjectivité de l’analyse- tels que des juges, hommes d’état, commandants, scientifique, poètes, etc… Il mesure alors les fréquences entre la famille du premier, deuxième et troisième degrés d’un échantillon cible par comparaison avec un échantillon (représentatif?) de la population. Ses résultats montrent que l’éminence des individus diminue de manière croissante en fonction du degré de parenté. Ainsi, il conclu que l’intelligence est innée et propre à une famille ; le brassage pouvant nuire à la bonne reproduction de l’intelligence

Critique

La critique d’une théorie élaborée il y a plus de 150 ans serait trop aisée tant les travaux qu’il a permis sont nombreux. Bien que les théories par Galton soient -à l’époque- exposées aux critiques, il reste le premier scientifique à avoir utilisé des méthodes statistiques sur l’hérédité des talents.

Livres en téléchargement gratuit

http://galton.org/essays/1860-1869/galton-1865-macmillan-hereditary-talent.html

http://galton.org/books/hereditary-genius/galton-1869-Hereditary_Genius.pdf

Autre source

http://psychclassics.yorku.ca/Galton/wozniak.htm

Les caractéristiques comportementales (l’attitude, en d’autres termes) optimisant la pratique délibérée correspondent à celles nécessaire pour un développement sain de l’athlète. En effet, comme le souligne Dweck en 2008, il y a un besoin d’investissement considérable dans une activité pour devenir expert ; et il n’est pas surprenant que les comportaement soient associés avec un développement harmonieux. En outre, ont peut considérer les qualités suivantes :

  • La détermination et la persistance (Bloom, 1985)
  • L’auto-efficacité « Self efficacy » (Johnson et coll., 2005)
  • L’autonomie (Schon, 2000)

A travers une autre approche, Jones et Lavallee ont proposé en 2008 des caractéristiques transférables, nécessaires dans la vie de tous les jours qui peuvent être utilisés comme prédicateurs :

  • Sur le plan inter-personnel
    • Sociabilité
    • Autorité naturelle
    • Communication / Aisance à l’oral
  • Sur le plan intra-personnel
    • Organisation
    • Discipline
    • Fixation d’objectifs

Corrélation ou causalité ?

Les études ont constatés que les athlètes élites disposaient de traits psychologiques différent de la normale (statistiquement parlant). Ainsi, on pourrait être tenté de faire le rapprochement et de dire qu’il faut être / se comporter comme les athlètes de haut-niveau pour acquérir plus rapidement de l’expertise.

Toutefois, cette problématique reste un débat :

  • Est-ce que l’athlète se comporte comme cela parce qu’il est haut-niveau ?
    • Ce que souligne l’étude de Abbott et coll. en 2002
  • Est-ce que le comportement de l’athlète lui a facilité le passage vers le haut-niveau ?
    • Soutenu par études prospectives (van Yperen 2009), retrospectives (Abbott et coll. 2004) et longitudinal (MaxNamara & Collins, 2010)

Quelles considérations pour le comportement dans les PCDEs ?

Le comportement ne doit pas être considéré comme un facteur d’inclusion (il ne faut pas sélectionner ceux qui ont le meilleur comportement) mais le prendre en tant que facteur d’exclusion. Le comportement permet principalement d’améliorer l’apprentissage et le chemin vers l’expertise d’un athlète ; un manque de concentration, des abandons successifs trop rapides, un manque de motivation… constitueront des obstacles dans la progression de l’athlète.

Cette caractéristique comportementale intervient en contrepoids des caractéristiques génétiques. En outre, le comportement serait plus important à considérer dans une phase d’identification et de développement des talents primaire que des facteurs génétiques.